vendredi 25 mars 2016

Un jour ... il y aura de la place pour du vide dans ma vie.


What I think of when I think of a Nature Adventure Girl...:
Pinterest Photography 



( article publié en décalage )

Aujourd'hui, c'est une journée de congés.

C'est censé être un sas de décompression, une journée tranquille, une journée pour récupérer.

Pourtant non. Je me suis levée tôt, j'ai suivi ma routine matinale, j'ai enchaînée avec du ménage intensif puis avec un peu de carterie, mon homme est rentré, on a préparé le repas, on a déjeuner, et si la pluie n'avait pas été de la partie, je serais allé dehors, m'occuper du jardin. Au lieu de quoi, j'ai regardé deux épisodes de ma nouvelle série adorée. Je me suis lavé les cheveux, j'ai préparé une bassine de linge, j'ai pris une collation et maintenant je suis entrain de vous pondre ce billet qui doit vous sembler totalement saugrenu. J'y arrives, ne vous inquiétez pas. Ensuite, on partira dîner dehors avant de filer voir un spectacle de danse, on rentrera tard et la journée sera finie. Ce soir, en me couchant, j'aurais la désagréable impression d'avoir perdu mon temps. De ne pas avoir été assez "productive", de ne pas avoir "rentabilisé" ma journée. Je vais culpabiliser, je vais me sentir mal, ça va me miner le moral et ce qui aurait dû être une "bonne journée" ne se résumera plus qu'à tout ce que je n'ai pas fais et à ce que j'aurais dû faire pour avoir l'impression d'être une feignasse qui se laisse vivre.

Il faut toujours que je fasse mieux, que je fasses plus.

J'ai toujours eu du mal à m'arrêter, à déléguer, à me poser et à ne rien faire. Dans ma famille, ce n'est pas comme ça qu'on voit les choses. Ce sont des bosseurs, tous, à leur manière. Des hyper-actifs. Alors forcément, quand on est un peu plus contemplatif que la moyenne familial, cela devient suspect. C'est assez terrible, d'ailleurs. Quand je me sors le nez du guidon, je me dis que ce conditionnement est effarant. Pourtant, je ne peux pas m'empêcher de me sentir mal si je ralentis la cadence. Et c'est encore pire depuis que je suis malade. Déjà que je ne me trouve pas assez "performante" en tant normal, depuis que je suis limitée par ma neuropathie , j'atteins des sommets de mésestime . Je ne suis qu'une bonne à rien, feignante, paresseuse, blablabla. Oui, oui.

Ma psy me dit que je me construit autours d'un gros vide. Un vide identitaire. Parce que quand je fais, je suis. Je me sens vivante dans l'action. J'arrive à me quantifier de cette manière. A me dessiner des limites. Je ne suis pas une personne, je suis une liste de choses accomplies. Aujourd'hui, j'ai fais ça et ça et ça. Voilà. Je suis là. Regarde tout ce que j'ai fais, j’existe, reconnais-le et dis le moi. Si je ne fais rien, si je n'accomplis rien, alors je perds de ma valeur, de mon utilité. Si je ne fais rien, alors l’anxiété monte. On va me juger et on va se rendre compte de ce que je vaux réellement. C'est à dire pas grand chose, moi la fille sans ambition et sans but. L'autre soir, j'ai eu une énorme crise d'angoisse en songeant au flou dans lequel baigné mon avenir. Je n'ai pas de projets pro. Je n'ai plus de projets familiaux. Je n'ai rien. Du néant sous mon nez. Et si je ne suis rien, alors je n'existe pas. Et comment peut-on alors aimer du vent ?

Alors la course effrénée reprend. La chasse au vide, à l'ennui, aux temps creux. Si moi, je n'ai pas d'identité propre alors au moins peut-on valoriser mes actions. Mes réalisations. Mes accomplissements. Si je ne suis jamais à la hauteur, si je ne suis qu'une imposture, au moins puis-je combler ce vide abyssal par un peu de fierté dans le regard de mes proches. Comme quand j'étais petite, à l'école, et que mes bons résultats comblaient mes parents. Parce que s'ils me reconnaissent, reconnaissent ce que je fais, alors c'est que j'ai de la valeur. Alors, voilà, je ne peux pas m'endormir tant que la liste des "à faire" dans la journée n'est pas barrée. Liste qui a tendance à s'allonger dès que mon ego s'effrite. Je suis sur la corde raide, frôlant l'épuisement perpétuel, avec pourtant cette impression de ne "rien faire" (comparativement à d'autres).

Aujourd'hui, j'essaie de sortir de cette dynamique, mais ce n'est pas facile. J'essaie de ne pas être dans la performance, plutôt dans le plaisir. J'essaie de me donner à moi-même ces gratifications que j'attends tant des autres, j'essaie de me voir avec le regard bienveillant d'une amie qui, même imaginaire, serait bien plus apte à jauger la qualité de mes réalisations que moi. J'essaie de me détacher de ce regard que je pense forcément accusateur. Pourtant, je n'ai pas encore assez de temps. Les journées son toujours trop courtes. J'ai toujours autant l'impression de me disperser pour des futilités ... Un jour, il y aura des plages de vie et d'inactivité dans mon quotidien mais l'art de ne rien faire est une discipline extrêmement laborieuse.

Et vous ? Etes vous du plutôt du genre relax ou hyper actif ? To do list ou procrastination ? Vivez vous également cette course à la performance, à la rentabilité dans votre milieu pro ou dans votre quotidien ? Comment le gérer vous ? Est-ce par manque d'estime de vous même, par ambition ? Comment vivez vous l'ennui, l'inactivité ? Dîtes moi tout !






dimanche 20 mars 2016

Un jour ...j'ai perdu le nord de mon avenir.



Au milieu de rien, au centre de tout. Le must pour se recentrer sur l'essentiel! #Regarder les #étoiles, #allonger par terre:
Coffee stained cashmere Photography


L'autre jour, dans un pur moment de régression, j'ai regardé Pocahontas ( mon Disney favori avec la Belle et la bête et puis Mulan ). Comme beaucoup de gens, je pense, j'ai un gros crush sur le moment où elle s'interroge sur ce qu'elle doit faire pour sauver John, discute avec Grand-mère feuillage, tout ça, tout ça ...et que la boussole lui offre la solution. Comme très souvent chez moi, une chose anodine, comme regarder un dessin animé, peut vite se transformer en questionnement profond et débat intérieur à tendance philosophique sur le sens de ma vie. Ma mienne à moi. Dont la boussole est complètement détraquée ( si elle a été un jour en bon état de marche).

Depuis un bon moment maintenant ( disons, presque trois ans même si ça à tendance à s'aggraver depuis un an et demi), je me sens perdue dans ma vie. Je me cherche, je ne sais pas, je ne sais plus, je trouve un sens à tout ça, au pourquoi de ma présence sur cette planète, puis je le perds. Avec toujours, une profonde déception, voir de la frustration et dans les mauvais jours, une colère et une rancœur énorme. Je ne sais même pas s'il existe vraiment un sens dans la quête de la vie. Puisqu'il parait que le bonheur, c'est pas le but, mais le chemin. Je me dis, pour me rassurer, qu' il y a surement plusieurs options, plusieurs sens, des bons, des moins bons, des simples, des tortueux ( le mien est apparament décidé à m'en faire baver des ronds de chapeaux).

Quand j'avais quinze ans, la question du sens de ma vie n'avait rien de vague. Je savais ce que je voulais faire comme études, comme métier ( je voulais bosser en PMI ou à l'aide sociale à l'enfance), je voulais un mari, une maison, quatre enfants, un break avec toutes options pour la famille et un chien. Et puis des poules, des nègres de soie. Important,ça. Bref, j'étais bien plus en avance que la plupart de mes potes sur le sujet. Ouais, ouais. Sauf que tout ne s'est pas vraiment déroulé comme prévu. Avec le recul, et une bonne psychothérapie, je me suis rendu compte que j'étais naïvement perdu dans mes rêves d'enfants. Et que la vie, c'est plutôt dépression réactionnelle, galère de reconversion, infertilité et neuropathie carabinée. Bon, je peux encore avoir le break et le chien. Et les poules aussi, ça, j'y travail (c'est vachement dur de choisir un poulailler, vous savez ?).

Avec mon modèle parental, j'ai bêtement cru (et ça reste tenace), je pensais que l'important dans une vie, c'était le boulot et le beurre que ça mettait dans les épinards. Après ma grosse désillusion sur mes ambitions professionnelles, la galère du chômage, les prises de tête avec Pôpole, et les bâtons ( même si à ce stade, ça s'appelle des troncs) qu'on me mets dans les roues pour ma reconversion, je me dis de plus en plus souvent que si la valeur travail et épanouissement professionnel est le graal de certains, ça ne doit pas être le cas pour moi. Je m'intéresse pourtant à énormément de choses, mais je n'arrive pas à construire de projets pro autour de ça. J'essaye pourtant d'avancer dans cette jungle qu'est le milieu du travail, j'avance à petit pas, en tâtonnant, parce que bordel, je ne sais pas dans quel foutu trou je vais encore tomber.

Peut-être que j'exige trop.

Après tout, un travail comme je l'imagine, ça doit pas courir les rues : sans trop de routine, adapter à mes horaires ( je suis totalement inapte le matin, faut rien me demander et me lever tôt est un supplice) . Je ne veux plus mourir d'ennui. Critère encore plus important que celui énoncé précédemment. J'ai l'impression que mon cerveau se nécrose quand il ne carbure pas sur un projet. Si on continue en ce sens, un job créatif, ça serait pas mal. Je veux me sentir utile ( bon, ça, comme tout le monde, je pense). J'en ai marre d'avoir l'impression d'être un poids mort pour mes proches et pour la société en général. Je veux pas forcément travailler à temps complet (en fait, je peux même pas, d'un point de vue santé) et j'accepte une salaire en dessous du smic ( ça devrait en motiver, ça, pourtant lol). Voilà. Je crois que pour trouver un métier qui rentre dans ce cadre ... il me faudrait un miracle !

Et maintenant, j'en suis réduite à trois options, qui tournent en rond dans ma tête depuis un mois, sans que j'arrives à en faire émerger quoi que ce soit :

Numéro 1 : Prendre un job alimentaire synonyme d’ennui et de frustration et faire mes passions à côté jusqu’à ce que je trouve autre chose qui me plaise et me corresponde ( en précisant que cela débouche sur un véritable job, parce que non, créatrice de paquets cadeaux, c'est toujours pas répertorié au RNCP), en prenant le risque que cela n’arrive jamais. C'est ce que j'expérimente en ce moment ( et ça se passe moyen bof mais ça rassure tout le monde, donc bon ..).

Numéro 2 : Reprendre des études dans un domaine qui m'intéresse, en sachant que ça va être long, compliqué financièrement ( adieu à mes petites aides de la CAF qui mettent de l'eau dans mon moulin malgré leur faible plafond), compliqué à tout point de vue ( temps, organisation, santé, projet à différé ..) et sans garantie de retrouver un travail par la suite ( je dois avoir une affection particulière pour les filières " bouchées " ....

Numéro 3 : Décider que j'en ai marre de tout ça et rester à la maison. Ceci dit, je garde encore un arrière goût amer de ma précédente expérience de ce genre, et même si certaines choses ont changées depuis, je reste un peu frileuse. Même si je peux énoncer des milliers de raisons qui iraient dans ce sens. La principale étant que j'ai bien compris l'absurdité de la vie et que je n'ai plus vraiment le temps de vivre à moitié, comme je le fais depuis plus ou moins six -sept ans maintenant.J'ai envie d'être épanouie et heureuse maintenant, parce que je ne sais même pas si demain, j'aurais le luxe de me poser la question ...


Parfois, je me dis que tout serait bien plus simple si on était livré avec un mode d'emploi ( même ceux d'Ik*a, on s'en fou si on ne sait pas où se trouve la dernière vis, on aurait au moins une base solide pour commencer) . J'en ai marre d'osciller ainsi. Entre ces jours où je suis persuadée de connaître le sens de ma quête et ceux où je ne le trouve absolument pas . Ceux où je ne sais pas où aller, je ne sais pas quoi choisir, je ne sais pas ce qui m'anime. Je suis fatiguée d’empreinter sans cesse les chemins de traverse, qui sont tous plus ou moins des mini Koh Lanta à eux seuls, sans jamais trouver le petit chemin (ou le gros boulevard) agréable qui ferra qu'on a envie de rester. Pourtant je fais tout ce que je peux pour explorer tous les sentiers que je croise, j'essaie d'aller au bout de chacun mais souvent au bout il n'y a rien. Rien hormis angoisse, peine, déception, dégoût de moi même et dévalorisation.

Pourtant, je ne me désespère pas de trouver une boussole qui m'indiquera mon nord.

Et vous ? Que faîtes-vous dans la vie ? Comment avez-vous trouvé votre voix professionnelle ? Cela à t'il était facile ou, au contraire, terriblement compliqué ? Avez vous eu une ou plusieurs vies pro ? Comment êtes vous passez de l'une à l'autre ? Qu'est-ce qui vous à motivé à changer de métier ? Si vous êtes de ceux qui ne savent pas ce qu'ils veulent faire, comment le vivez vous ? Que mettez vous en oeuvre pour vous en sortir ? Dîtes moi tout !







jeudi 3 mars 2016

Un jour ...la vie fut tout et rien à la fois.



Jizo - a god who protects children.  Some say he was inspired by Jesus hundreds of years ago. (japan...buddism):
                                 





Depuis le début de l'année, je lis avec application les livres du Dalaï Lama. Ces livres résonnent beaucoup en moi et font bouger mes lignes en remuant pas mal de mes croyances, sur moi-même, sur la vie mais aussi sur tout un tas de domaines différents comme le travail, l'alimentation, la mode ...

Il existe trois points communs à tout ce qui constitue l'univers.

Absolument tout se concentre en trois mots : impermanence, insatisfaction, non-existence.

Les deux plus grands points que j'essaye de travailler actuellement, c'est "l'attachement" et " la non existence des choses", à savoir " l'annica" et " l'anatta" en langage bouddhiste. Je ne me suis pas encore penchée sur la question de la souffrance ( Dukkha) parce que je pense que j'ai déjà pas mal cogiter sur la question les deux dernières années, mais j'y reviendrais, c'est sûr ... Aujourd'hui, je vais vous parler de l’impermanence et de la manière dont j'essaie de l'intégrer dans mon quotidien.

ANNICA 

Deuxièmement, ce monde et tout ce qu'il contient est transitoire
Tout particulièrement la vie des êtres est aussi fragile qu'une bulle
L'instant de notre mort est imprévisible et, lorsqu'elle survient, nous ne sommes plus qu'un cadavre
Puisque c'est le dharma qui nous est bénéfique alors pratiquons-le avec ardeur

Ainsi, avec l'impermanence, nous serions gréé d'accepter que rien ne peut exister pour toujours, sans se terminer, un moment ou à un autre, un jour ou l'autre.Tout finit par disparaître. C'est pour cette raison que, lorsqu'on est raisonnable, on essaie d'avoir de moins en moins d'attachements.Parce que plus on a des attachements et plus on souffre. Par exemple, si on s'attache à à un objet ( accro du portable, je vous salue) ,on est forcément déçu ou énervé quand on le perd. Si on s'attache à un endroit,on est triste quand on doit le quitter (j'en sais quelque chose moi qui vit chaque départ  en vacances comme un déchirement), bref, vous comprenez l'idée ...

Si d'un point de vue matériel, les choses peuvent paraître un peu moins difficile à appréhender, avec le courant de la " simplicité volontaire "  qui prend de plus en plus d'ampleur, c'est une autre paire de manches quand on s'attaque au domaine de l'émotionnel, du relationnel ou même de la pensée et des croyances. En effet, ce concept (l'annica, ou anitya, prononcé anitcha) va encore plus loin puisqu'il indique que si on s'attache à un principe ou à une idée, on est frustré et mécontent si quelqu'un fait le contraire, si on s'attache à une personne, on est perdu, triste, angoissée ( toutes les émotions négatives que vous voulez)  quand elle part ..

La conclusion de ce principe fondamental du bouddhisme c'est  : si tu n'as pas d'attachements, tout peut arriver et tu ne seras jamais triste, déçu ou fâché.

La première fois que je me suis penchée sur cette caractéristique du trilakshana, je me suis dis : mais bien sûr, comment n'y ai-je pas pensé plus tôt, moi qui souffre tellement de la séparation, de la perte, des changements, bien sûr que l’impermanence est une source de souffrance puisque ce qui ne dure pas ne peux pas être satisfaisant... maintenant que je travail dessus, je vais vous dire pourquoi on n'y pense pas : c'est un chemin terriblement compliqué.

L'homme semble être plus souvent constitué pour s’attacher à ce qu'il aime ( qui comble souvent un désir ou qui nous fait du bien (physiquement, émotionnellement)) , que ce soit des êtres ou des activités, et pour redouter de se séparer de ce qu'il a aimé, de ce à quoi il est attaché, de ce qui, parfois, a été le sens de sa vie, qu'autre chose  ..

Et moi, je ne suis qu'une pauvre petite humaine, pas du tout "sage" ni élevée spirituellement, qui en est encore à ce stade là (comme beaucoup, je suppose ?!) . Oui, je le dis haut et fort, je suis de celle qui croit avoir besoin de la routine, de repères, de stabilité et de permanence pour vivre en paix.  Entre nous, pour la grande angoissée que je suis, impermanence des choses est  une idée épouvantable, je pourrais en avoir mal au ventre rien que d'y penser, pourtant je sais bien que tout ceci est vrai. Ceci dit, ce n'est pas parce qu'une chose s'avère exacte qu'on a forcément envie d'y adhérer. Pourtant, plus je lis, plus je travail sur ces idées, ces conceptions de la vie, ces enseignements, moins je trouve ce point de vue discutable.

Il me semble de plus en plus clair que, si nous nous attachons trop à ce que nous pensons être nous-mêmes, et que nous n’arrivons pas à lâcher prise, à laisser passer, c’est comme si nous nagions constamment à contre courant, en nous épuisant pour rien, et qu'en nous attachants à des choses qui nous échappent, nous redoutons des choses qui nous arrivent ...je vais prendre un exemple, parce que je crois que j'en ai perdu deux, dans le fond ... Si un homme s'attache coûte que coûte à son emploi, à son métier, s'il pense que celui le défini alors il redoute de le perdre, d'être au chômage, de ne pas savoir faire autre chose, etc .. Vous suivez ?

Alors, il me semble important de retrouver un esprit fluide, qui, au lieu de considérer l’impermanence comme un scandale (youhou mon mono-neurone, t'es concerné là) , trouve au contraire que c’est une chose tout à fait normale, naturelle et apprend à s’harmoniser avec elle. Voilà. Bonne chance. Non, je rigole. Après la théorie, voici la pratique. Je vous livre mes pistes, ce que j'ai choisis d'entamer pour avancer sur ce chemin là. Après, c'est à chacun  de faire ses choix selon ses propres aspirations, et de s'inventer des objectifs en adéquation avec ses goûts, ses passions, son histoire, son environnement, sa famille…

Finalement, la première chose qui me vient en tête c'est : faire avec ce que l'on a.

Peu de gens ont découvert le difficile art de se contenter de ce que la vie leur apporte ( je suis une éternelle insatisfaite, il me manque toujours quelque chose, donc je m'inclus dans " les gens") , en bien ou en moins bien. L'impermanence "oblige " à cela. On doit très souvent apprendre à faire face aux circonstances que ce soit dans les périodes de sérénité ou dans les périodes où s’enchaîne les épreuves. Parfois même, on s’aperçoit que l’on n’est, au fond, pas heureux, pas satisfait, alors qu’en réalité on aurait de bonnes raisons de l’être. Annica nous démontre la nécessité d’apprendre à être satisfait du présent, quoiqu'il puisse apporter.

D'un point de vue matériel, je pense vraiment adopter plus de gestes inspiré du mouvement de la simplicité volontaire.

Par exemple, en n'achetant plus tout et n'importe quoi sur un coup de tête. En cas d'envie d'achat impulsif ( chez maison du monde, ça m'arrive beaucoup trop souvent, hum), je m'oblige à prendre un délai de réflexion ( j'attends un jour ou deux) et en général, l'envie s'évanouie. Autre chose, je ne change d'objet que lorsque les autres sont hors services et pas seulement pour suivre la mode.
J'ai aussi commencé à désencombrer mon armoire. Je me suis fixée pour objectif de m'en tenir à sept pièces ( sept pantalons, sept pulls, sept chemisiers ..), pour moi qui suis une adepte des basiques, ça ne devrait pas être trop compliqué ( par contre, je ne sais pas me raisonner sur les foulards lol, ça c'est un pêché mignon et un plaisir que je continuerais de m'octroyer sans culpabilité). Je me suis mise au cadeau home made, en généralement, la proportion se situe à un cadeau acheté pour deux cadeaux fait avec mes petites mains (tellement plus gratifiant). Voilà les principales pistes " matérielles " que j'explore actuellement pour Annica. Tout en continuant dans ma logique personnelle du don, ce qui ne me sert plus, ne me va plus, ne m'intéresse plus profitera forcément à d'autres ...

D'un point de vue "humain", c'est plus complexe. je suis encore très polluées par " Dukkha", dont je vous parlerez prochainement, mais j'essaie au maximum de me "relier". Moins de biens, plus de liens, comme dirais l'autre. J'essaie de ne pas me renfermer sur moi-même, de m'ouvrir aux autres, de partager, d'échanger, et de défendre les valeurs qui me tienne à coeur comme l’entraide, la fraternité, l’amitié, la justice, la générosité. J'essaie de sortir de mes travers relationnels avec mes proches en tentant de m'affranchir de mes peurs, de mes inhibitions et de mes "habitudes" mais ce n'est pas évident. Je n'ai pas encore de pistes vraiment concrètes à vous fournir, hormis l'idée que la reliance est sûrement le plus bel aspect de l’impermanence, si les choses ne sont pas figées, si les relations changent, si rien n'acquis alors nous pouvons utiliser cette force transformatrice pour faire évoluer les mentalités, les individus et l'environnement dans lequel nous vivons.

Et vous ? Que vous inspire le concept impermanence ? Cela vous angoisse t'il ? Cela vous aide t'il à prendre du recul sur votre situation ? Pensez-vous qu'il s'agisse d'une piste de réflexion intéressante ? Comprenez- vous les bienfaits que l'on puisse tirer d'une telle conception des choses ? Cela vous semble t'il applicable dans une société consumériste comme la notre ? Pour vous, le contentement mène t'il à l'immobilisme ? Dîtes moi tout !