dimanche 24 janvier 2016

Un jour ... j'ai frôlé le hapiness burn out.


nevermind
Hipster Boho Indie Photography




Psychologie magasine à dressé une liste de douze choses qui constitueraient un kit du bonheur. Des choses qui vont de dormir à pratiquer la gratitude, en passant par sourire ou encore être en lien. J'ai lu cet article avec intérêt, mais aussi avec scepticisme.

Depuis la mort de ma grand-mère, je ne peux plus être " simplement" dans la joie. Je n'arrives plus à profiter des bons moments .Je ne peux plus accepter une bonne nouvelle sans en imaginer le pendant négatif. Je ne peux plus savourer "pleinement" la vie, les petits bonheurs, je suis explosée à l'intérieur ...

Et même si ça m'est pénible d'être comme ça, j'ai de plus en plus de mal à me dire que le bonheur peut tenir en dix leçon comme nous le vante le développement personnel.

Parlons en du bonheur. Je cours après lui comme s'il était la clef de ma survie. Je m'accroche à ce mot comme à une promesse que demain tout ira mieux et que les fantômes ne viendront plus saccager chaque éclat de rire. Pourtant, plus je tente de le saisir, plus je me dis que tout ceci est vain. Qu'on ne peut pas se "forcer" à être heureux.

Plus je tente d'être heureuse, plus je suis malheureuse. Evidemment que je suis malheureuse de ne pas toucher ce bonheur salvateur. J'en suis frustrée, en colère, triste. Je me sens nulle et incapable de ne pas y parvenir. Je ne suis pas une bonne "chasseuse " de joie. Je ne suis pas non plus une créatrice de bonheur, je crois. Je ne sais plus comment on fait.

Le bonheur, c'est un graal. Tout le monde le cherche, personne ne sait à quoi il ressemble véritablement, et tout le monde s'épuise dans sa quête. Il est partout, dans toutes les conversations, dans toutes les aspirations. A force de vouloir nous imposer la joie de vivre à chaque minute, on vire rapidement dans un enfer pavé de bonnes intentions. Bonheur, joie, enthousiasme et sa cohorte de sentiments qui rendent la vie plus belle et plus facile. Soit disant.

Je vais vous avouer un truc, je pense que le bonheur, au final, ce n'est qu'une illusion. Un concept vague et creux qui a pour simple but de remplacer nos obsessions matérialistes par une autre obsession, tout aussi discutable, juste un peu moins coûteuse. ( Ce qui est con, quand on y pense, parce que j'ai du plaisir à m'offrir un bon livre, une écharpe qui me fait de l'oeil ou une délicieuse pâtisserie à déguster religieusement ..).

J'ai naïvement pensé que les événements positifs qui jalonnent ma petite vie allaient me transcender, me faire dire " mais purée, c'est ça ! " comme Archimède avec son eurêka ... et que je resterais ainsi, ad vitam eternam, remplie d'une joie immense. J'avoue, en toute franchise, que je pensais que si je quittais mon travail, je serais plus heureuse, que lorsque j'aurais un copain, je serais plus heureuse, que lorsque je serais partie de chez mes parents, je serais plus heureuse, que lorsque je serais plus mince ... et ainsi de suite. C'est la plus grosse tromperie de ma vie. Je me suis plantée sur toute la ligne. Ces changements étaient enthousiasmants sur le coup. Ils m'ont mis un peu de paillettes dans les yeux. Puis ils sont devenus le quotidien, et finalement, les paillettes se sont envolées ...Oui, je dois vivre sur un arc-en ciel et manger des bisous pour entretenir de tels désirs.

La réalité, c'est qu'il n'y a rien à trouver.

La réalité, c'est qu'il n'y a que la vie.

La vie, le hasard, les situations qui s'enchaînent, parfois cool, parfois dures. Et la perception qu'on en a. En cela, ce kit du bonheur me semble crédible avec son onglet "changer de perspective".Je pense qu'on surestime grandement les circonstances extérieures. Un événement n'est jamais tout noir ou tout blanc. Je n'ai pas été calibrée pour vivre une vie de malade, une vie de béatitude profonde et d'émerveillement quotidien. Non, moi, je suis délimitée par une ordinaire, faîte de routine, d'horaires stricts, d'habitudes. Une vie "pépère". Et je ne pense pas que dormir, faire du sport ou "développer mes compétences" y changera quoi que ce soit. Au final, le bonheur, c'est la somme de tous les malheurs que je n'ai pas.

Bonheur, je n'ose plus dire ton nom.


Et vous ? Pensez-vous que le bonheur soit de notre fait ou corrélé aux circonstances extérieures ? Un esprit d'esprit positif peut-il suffire à rendre heureux ? Pensez-vous que la quête perpétuelle du bonheur peut rendre malheureux ? Que c'est un idéal vain ? Ou pensez-vous au contraire que c'est une aspiration importante ? Indissociable du fait d'avoir une vie réussie ? Que pensez-vous de ces kits du bonheur ? Gadget ou aide véritable au mieux être ?  Dîtes moi tout !

vendredi 15 janvier 2016

Un jour ... j'ai cherché à réparer ma joie.


Féérique:



Le dimanche cristallise souvent mes raz le bol.

Je sais pas pourquoi. Je n'ai jamais aimé le dimanche. C'est toujours, ou presque synonyme d'ennui, de lassitude et d'une introspection dont je me passerais bien. Dimanche, je me suis rendu compte de plusieurs choses. J'en ai eu marre de moi. Marre de ma vie. Marre d'attendre un miracle. Marre des crises de larmes. Marre des douleurs sans fin. Marre des angoisses. Des insomnies. Des cauchemars. Des journées qui ne passent pas. De cette impression de perdre mon temps.

Puis, en listant tout ça, je me suis dis que ce n'était pas moi. Que je n'étais pas cette personne vide et terne, morose et amère. Non, moi je suis celle quid déborde de projets, d'énergie, je suis la gourmande épicurienne qui aime aussi faire la sieste au soleil, je suis la créative qui invente milles choses et qui s'évade en pensées ...Il fallait que je me retrouve. Que je comble tout ces vides en moi qui font disparaître ma "vraie" moi  aux yeux du monde, chaque jour un peu plus. Je ne pouvais plus avoir pour seule ambition dans la vie que  me coller dans mon lit, sous ma couette et pleurer. Et pleurer encore. Et dormir. Et dormir encore. Même si dans nos rêves nos sommes libres.

Allons y pour les constats. Quand on les note noir sur blanc, ils prennent une autre dimension.

Premier constat : je m'ennuie dans ma vie. Prendre des mesures. Deuxième constat : je ne supportes pas la solitude. Prendre des mesures. Troisième constat : mes rêves sont en inadéquations avec ce que je me sens capable de réellement réaliser , ce qui me mets en situation d'échec la majeur partie du temps. Prendre des mesures. A l'instant où je vous écris, je travail activement sur le premier point et sur le troisième point.

J'ai cherché dans ma mémoire ce que j'aimais faire "avant", ce qui me donnait du plaisir, de la joie. Parce que je crois bien que de ce côté là, je suis déglinguée. Je ne fais plus rien avec plaisir, avec joie. je le fais parce qu'il faut le faire. mais il n'y a plus cette excitation, cette impatience, cette petite vibration, vous savez, ce petit frémissement qui vous fait dire que là, vous êtes bien. Je crois que je ne sais plus ce que c'est. J'en ai perdu le goût. Je ne sais pas trop quand. Mon détecteur de bonheur est cassé. Y a plus qu'à le réparer.

Première mesure prise, j'ai décidé d'organiser un repas à thème pour mes parents. C'est un truc que j'aime beaucoup. Du coup, dimanche, c'est summer party. Oui, oui, une mi-janvier. On mangera exotique, on se gavera de cocktail et de glace, j'aurais une déco ultra colorée et des tongs aux pieds et on se foutra bien de la neige dehors quand on dansera sur de la musique créole. Faut que je fasse des choses comme ça plus souvent, les anachronismes, ça me fait marrer.

Il me fallait plus, ceci dit. Une activité. Un loisir. Une chose que je ferrais rien que pour moi, sans trop me poser de question, ni craindre les jugements extérieurs ( en somme, me convaincre que si je prends deux heures de ma journée pour peindre, je ne suis pas une grosse feignasse doublée parasite de la société). Je me suis souvenu que, petite, je passais mon temps à colorier. Cela me permettait de me relaxer, de me concentrer,de faire passer le temps de manière créative. J'ai donc imprimé un dessin, j'ai sorti mes gouaches et j'ai peins. Pendant deux heures, tous les après-midi.

Lundi, je me suis fais une drôle de réflexion en commençant à remplir mon dessin. je me suis dis que j'étais exactement comme lui, juste un contours, une forme, vide de substance. Mardi, j'ai culpabilisé de perdre du temps à peindre alors que je pourrais être plus productive ailleurs ( sous entendu en allant au boulot, en faisant du ménage, les comptes ..). Mercredi, j'ai décidé de peindre pour ma sœur et la culpabilité s'est mise légèrement atténuée.C'est pas pour moi, c'est pour elle. J'espère que mon oeuvre lui plaira. Hier, je n'avais pas envie de peindre. Culpabilité le retour. C'est du temps perdu. Surtout que je ne ressens "rien" quand je peins. pas de joie, pas de plaisir. Ni même un relative bien être. Je me vide juste la tête. Alors pourquoi persister. Finalement, j'ai peins.Je me suis entêtée contre ma volonté défaillante. Mon chéri l'a trouvé tellement beau qu'on va l'accrocher dans la salle à manger. Je suis contente. La douleur qui me vrillait l'épaule à régressée. Aujourd'hui, je vais peindre. Avec l'idée d'en faire quelque chose de bien. Avec l'espoir qu'un sentiment, une émotion arrive à remonter à la surface. Pour avoir la satisfaction d'avoir "fait" quelque chose. Pour avoir l'impression de tenir peut-être enfin un embryon de solution. Demain, je sais que je regarderais avec beaucoup plus d'attention les rayons des livres de coloriage pour adulte de mon super marché. Juste parce que, d'un coup, je me surprends à rêver.

Le coloriage thérapeutique pour réparer ma joie. Poser de la couleur sur du noir et du blanc pour raviver la saveur existentielle des choses, en voilà tout un programme.  Se concentrer sur le dessin, le choix des couleurs, pour me permettre d'être dans "l'ici et maintenant", sans m'angoisser du "plus tard", dans une sorte de pleine conscience, en laissant les pensées aller et venir sans se laisser envahir par elles, en voilà une nouveauté. Me soigner avec des crayolas, des pinceaux et l'odeur de la térébenthine plutôt qu'avec des produits qui me bousillent la santé. En voilà, une bonne idée.

Parce que comme dirait l'autre, coloring happy my life.

Et vous ? Faîtes vous du coloriage ? Comment vous est venue cette passion ? Si non aimeriez-vous vous y mettre ? Si vraiment, cela ne vous attire pas, quels en sont les raisons ? Qu'est ce que cela vous apporte au quotidien ? Que pensez vous de l'art thérapie ? Pensez vous que cela à de réelles vertues thérapeutiques ou que ce n'est qu'un effet placebo ? Comprenez vous cet engouement ? Quelles sont vos styles de dessins favoris ? Dîtes moi tout !



mercredi 13 janvier 2016

Un jour ... on ne jugera plus la souffrance.



Ah, la toile et ses ricochets.

Cet article est une réponse à l'article de Dounia, lui même en réponse en un autre article. Si, parfois, ces ricochets me comblent de joie en me faisant découvrir de jolies choses, celui là m'a plutôt fait l'effet d'un retour de boomerang dans la tronche. Et il m'a fait sortir de mes gonds. Littéralement. Cela faisait longtemps qu'un article ne m'avait pas autant chauffer les oreilles, c'est dire.

J'aurais pû choisir de ne pas réagir mais c'était insupportable de garder pour moi ce que j'avais sur le coeur. Alors, encore une fois, je prends la plume en espérant que coucher mes émotions et pensées sur le papier m'aidera à m'apaiser.  Avertissement : cet article n'a pas de fleurs autours. Il est brut de décoffrage, âmes sensibles s'abstenir.

Je ne comprends pas.

Non, je ne comprends pas qu'on puisse juger aussi durement l'acte d'un homme désespéré. Je ne comprends pas qu'on puisse juger ainsi quelqu'un dont on ne sait rien. Je ne comprends pas non plus qu'on puisse le taxer de lâche et d'ingrat. Mais quand on me dit égoïste, mes oreilles sifflent. Je ne comprends pas car je fais parti de ces gens là. De ceux qui ont pensé au suicide ou qui y pensent encore, parfois. Et tout ceci me mets hors de moi parce que ce n'est qu'un ramassis d'idées reçues sur les suicidaires. Et c'est intolérable que de telles choses circulent ainsi sur la toile sans que personne n'y mettent un hola. C'est totalement irrespectueux, dégradant, méprisant pour tout ceux qui souffrent. Parce que OUI, les suicidaires souffrent. Ils ont même la pire des souffrances en eux. Celle qui te fait tomber tellement bas que plus personne ne te vois. Qui fait de toi une ombre. Qui t'englue dans l'anonymat, te laissant te débattre avec tes angoisses démoniaques. Cette souffrance qui te mure chaque jour un peu plus dans un rôle que tu hais. Cette souffrance qui te définie si peu et en même temps tellement ...

Un suicidaire n'est pas quelqu'un de fragile, ni faible, ni incapable, même si c'est exactement comme ça qu'il se sent, au fond de lui. Mauvais, passif, coupable.

Un suicidaire, c'est juste une personne qui accumule les difficultés ( personnelles, financières, professionnelles) jusqu'au point de non retour. Ma psy m'a racontait un jour l'histoire du sac de pierres et du randonneur. Un randonneur porte un sac sur ses épaules. Tout les kilomètres, on lui ajoute une pierre de cinq kilos dans le sac. Au bout d'un moment, si on ajoute suffisamment de poids, il finira bien par s'écrouler... quelle que soit sa volonté de rester debout. Le suicide n'est pas un choix, on y est conduit quand la douleur dépasse les ressources qui permettent d'y faire face.

Dans mon cas, ce n'est pas la maladie en elle même qui fut à l'origine de ma détresse mais la manière dont elle pèse sur ma vie et les conséquences qu'elle a sur mon "moral". C'est la souffrance " psychique" d'être devenue un poids pour mes proches, pour mon homme, la souffrance d'"être inutile à la société", d'"être dépendante des autres et de l'état", la souffrance " de ne plus savoir quoi faire pour me tirer de là", la souffrance qu'engendre la négation de ma maladie par certains, qui m'a soufflée que je ferrais sans doute mieux de me jeter sous un train et d'aller voir ailleurs si j'y suis.

C'est pour cela que cela me fait rire jaune quand on taxe les suicidés d'ingrats et d'égoïstes, dans mes périodes d'idées noires, ce n'est jamais à moi que je pense, mais bien à mes proches et à tout ce qu'ils pourraient faire si je n'étais pas là ... Parce que dans ces moments là, je ne suis pas une fille, une amie, une soeur, une compagne, je ne suis rien hormis celle qui leur rend la vie impossible.

Parce que je vais vous dire un secret, les suicidaires, en fait, ils ne veulent pas vraiment mourir. Je vous embouche un coin, je suis sûre. On veut juste disparaître. On veut juste mettre fin à une douleur intolérable, à ce mépris de nous même, à cette situation insupportable où tout nos problèmes semblent insolubles. Parce que je vous jure, si on envisage de se foutre en l'air, c'est parce qu'on a bien étudié toutes les autres options avant et qu'on est sûr et certains qu'il n'y a plus de solutions à nos problèmes.

Le suicide, c'est juste la traduction ultime d'un désir de changement, de mettre fin à l'environnement dans lequel on se trouve, une revanche contre ce putain de sentiment d'impuissance à faire la situation de merde dans laquelle on se trouve. Ultime expression de la liberté. Ultime expression du contrôle que l'on peut avoir sur notre vie ... Décision radicale à situation désespérée.

Quand on me dit que les suicidaires ne veulent pas être sauvé, ça me colle des boutons. Bien sûr qu'on veut être sauvé. Bien sûr qu'on accepte les mains tendues. Bien sûr qu'on communique sur nos envies d'en finir (au point de faire une crise d'hystérie en bord de route). Bien sûr que c’est un cri de souffrance, de désespoir et un appel à l’aide. Mais comme personne ne peut se mettre à notre place ni comprendre ce que l'on traverse et encore moins imaginer ce trou noir aux parois lisses dans lequel on est tombé ...

Quand on me dit que c'est un acte lâche, je pourrais distribuer des baffes. Quand on me dit que c'est le reflets d'un manque de caractère, qu'il n'y a pas d’arguments valables pour défendre le suicide, j'ai juste envie de vous dire que je considère, de mon côté, que vous manquez fortement d'humilité. Pour moi, il faut plutôt du courage pour se décider à mourir. Pour en finir avec la vie. Oui, oui, il y aura le cran et le culot de passer à l'acte, même si le geste peut sembler regrettable vu de l'extérieur ...

Sérieusement, parfois, quand j'y renonce, je me dis que la lâche, ici, c'est bien moi ( quel monstre je suis pour continuer à infliger un quotidien aussi pénible aux gens que j'aime), parce que c'est juste la peur de l'inconnu qui me retient, parfois... Et puis l'amour, aussi. L'amour me retient. Pas celui des autres. Le leur, je n'y pense jamais. Parce que, pour moi, en l'état actuel des choses, je suis indigne de leur amour.  Non. Le mien. Celui que j'éprouve pour mon homme, pour ma famille, pour mon chat. Pas pour la vie, non, mais je ne désespère pas que cela revienne un jour. J'y travail. Et ça, c'est la véritable raison égoïste qui me fait m'accrocher. Ce besoin irrépressible de les aimer encore un peu ...

Je ne dis pas que ceux qui se suicides n'aiment pas leur proches. Au contraire. Je pense même qu'ils doivent les aimer énormément pour décider que la vie serait bien mieux s'ils n'étaient plus là pour peser dessus. Seulement, l'amour, parfois, ça ne suffit pas ... Parfois la douleur efface toutes les ressources que l'amour ou la communication peuvent offrir.

Et c'est là que je trouve totalement inacceptable que certaines personnes se permettent de juger la souffrance des gens. Certains m'ont dit qu'il n'y avait pas de raison , qu'il n'y avait pas de quoi être suicidaire "dans mon état", d'autres qui m'ont gentiment signifié qu'il fallait que je garde le moral, que je tienne le choc, que je reste debout et autres phrases toutes aussi irritantes que vide de sens ( et que j'aurais bien pû leur faire ravaler à coup de pelle dans la figure). Parce que je vais juste vous éclairer sur un point : le suicidaire, il est dans l'émotion, dans le ressenti. Vous vous permettez de graduez, de définir, d'autoriser ou non, de légitimer ou non ... une chose qui, par définition, n'est ni lâche, ni courageuse, ni vraie, ni fausse. Une émotion est ce qu'elle est, point à la ligne. Vous n'avez en aucun cas le droit de juger moralement une personne qui à choisit de se suicider.

Pour vivre les deux au quotidien, je peux affirmer sans crainte que les douleurs morales sont les pires douleurs qui existent. Parce qu'elles sont insidieuses et sournoises. Parce qu'elles ne laissent aucun répit.Parce qu'elles sont parfois si profondément ancrées qu'on ne sait même plus par quoi commencer pour les apaiser..Parce qu' elles peuvent rendre le quotidien aussi invivable qu'une douleur physique, qu'une douleur corporelle.Parce qu' elles ne sont pas toutes surmontables quelques soit les moyens que l'on se donne. Parce que, parfois, pour ne pas dire souvent, elles sont tellement puissantes que le déséquilibre est trop grand.Parce qu'elles vous transforment, encore plus que la douleur physique.

Je ne tolérerais plus que des personnes jugent mes souffrances ou celles des autres " surmontables " parce que, pour eux, ce que je vis est insignifiant. Ou ne mérite pas autant d'attention que celle que j'y accorde. Nier cette souffrance et nier mon incapacité à y faire face, revient à nier ce que je suis. Je trouve cela honteux pour ne pas dire scandaleux. Comment peut-on renier quelqu'un sous prétexte qu'on est désemparé face à ce qu'il vit ou parce qu'on ne le comprends pas ?

La mort ne se légitime pas. Elle est ce qu'elle est. Elle ne s'explique pas, elle ne se juge pas. Elle se respecte, quelque que soit les causes de sa venue. Parce que la vie ne pose pas de question et que le suicide est aussi une réponse. Pour citer un grand homme " n'ayez pas pitié des morts, ayez pitiez des vivants". Sur ce, je baisse le rideau et vous tire ma révérence. Demain, je ramperais mais je continuerais d'avancer puisque c'est ce que l'on me somme de faire.




lundi 11 janvier 2016

Un jour ... j'ai foutu la paix à mes bourrelets.




Bookends and Daisies Photography



J'ai déjà évoquée plusieurs fois mon agacement face aux pré-jugés et à la lecture arriéré que certains faisaient (corps médical inclus) du surpoids. Non, le surpoids ce n'est pas forcément quelqu'un qui mange trop et ne se dépense pas assez, mes bons amis. Ainsi, si on est rond, ce n'est pas entièrement ( pas toujours, en tout cas) de notre faute et il suffit pas de modifier notre comportement pour que cela change. Je vais vous dire pourquoi...

Mon poids, c'est ma carapace. Il y a ce fossé entre moi et le monde extérieur, je veux tellement aimer et approcher les autres .. mais ça m'a tellement fait souffrir aussi que j'ai peur. Vraiment. Mon enfer, c'est les autres. Et pourtant, je ne demande qu'à être appréciée. Reconnue. Valorisée. Tout ce que je voulais, c'est qu'on m'aime. Par chacun de mes mots, de mes gestes, de mes choix.  Mais ce n'était pas le cas. Alors, je camoufle de cette façon mon insécurité à être exposée, à être vulnérable, évitant ainsi d'être touchée et blessée par des remarques, par des critiques ou par des situations qui me sont inconfortables. Il peut s'agir de toutes les situations où je sens que l'on m'agresse ( ma graisse ..) et croyez moi, elles sont devenues nombreuses. Cette graisse, cette couche isolante et protectrice qui absorbe la méchanceté du monde ...

Mon poids, c'est aussi mon vide intérieur. J'ai toujours ce sentiment d'abandon. Partout, tout le temps. Quand j'ouvre les yeux le matin et quand je les ferme le soir. L'impression d'être délaissée, d'être sur la touche et même sur le carreau, de ne pas avoir su négocier un virage et de maintenant être incapable de revenir dans la course. La nourriture compense la solitude et l'isolement. Je suis toujours aussi dépendante des autres, dans le besoin de leur amour alors que ça m'a toujours rendu malheureuse. J'ai honte d'être aussi faible. Je suis en colère contre moi-même d'être aussi peu autonome. J'aimerais être capable de vivre ma vie sans personne, de ne dépendre de rien, de ne pas faire reposer mon bien-être sur mes proches.. Mais je n'y arrives pas, alors, je comble. Cette vie pleine de vent sera bien adoucie par quelques chocolats ..

Mon poids, c'est les impondérables que je ne supporte pas. De même que toutes les choses qui me sont imposées. J'ai toujours le besoin vital de m'imposer pour m'affirmer ou pour éloigner les autres ( ce qui est totalement incohérent avec le premier et le deuxième points mais je ne suis plus à un paradoxe près ). L'éloignement ... des hommes aussi. Perdre du poids m'exposerait aux avances. Me rendrait plus attirante pour la gente masculine. Cela ne m'intéresse pas, cela me met mal à l'aise et cela me fait peur. Je serais incapable de gérer ça . Plus on est imposant, moins on est prédaté. Ainsi va la vie. Ce poids, mon armure bis. 

Mon poids, c'est mon insécurité. Je suis insécure tant au niveau affectif qu'au niveau matériel. J'ai besoin de tout avoir et d'emmagasiner le plus possible pour faire face aux " pénuries ". Je veux tout posséder, tout avoir " au cas où ". Il faut toujours avoir " des réserves ", on ne sait jamais. Mon corps, c'est ma résistance aux coups durs de la vie. Ma bouée de sauvetage. Un ballon qui flotte. 

Mon poids, c'est tous les projets avortés. Toutes ces choses que j'ai dû abandonner, auxquelles j'ai du renoncer pour des raisons plus ou moins valables et en tout cas très personnelles. J'ai dû abdiquer et ça m'a brisé le coeur. J'ai dû laissé tombé des projets qui m'étaient cher ( comme les enfants par exemple ) et de ce fait, je me considère comme une trouillarde, une lâche et une perdante. J'ai l"impression que je ne fais pas le poids face aux situations. Je cherche un but à ma vie, je cherche quelque chose à accomplir de bien, je n'arrive pas à prendre ma place avec mes paroles et mes actes alors je prends plus de place avec mon corps physique. Je me sens limitée par rapport à différents aspects de ma vie ( et dans mes ambitions ). Ce sentiment de limitation ... m'oblige t'il à l’expansion physique ?

Mon poids, ce sont mes croyances. Une personne en surpoids est une personne dite "forte". Et moi j'ai de plus en plus l'impression qu'il faut être fort pour réussir et survivre dans la vie, ce que je ne suis pas. Du moins, pas autant que je le voudrais. Je donne un peu le change, mais c'est du flan. Alors, je me dois bien d'être plus imposante physiquement pour être en mesure de m'imposer dans mes relations et prendre ma "part du gâteau ". 

Mon poids, c'est toutes ces choses, pensées et émotions accumulées.Le jour où je serais légère comme une plume, je ne serais plus moi. Alors j'aimerais qu'on m'explique comment manger plus de légumes verts et faire deux heures de sport par semaine pourrait bien changer la donne. Et puis, comme le dirais une amie, "ne passe pas ta vie à regretter tes rondeurs, tu auras l'éternité pour être un sac d'os". 

Et vous ? Pensez-vous que le supoids est avant tout d'origine psychologique ? Le reflet de douleurs morales ? Ou alors est-il plutôt synonyme de bonne vivante , d'une personne qui aime profiter des plaisirs que la vie lui offre ? Que pensez vous du culte de la minceur dans notre société ? Un corps mince est il obligatoirement un corps sain ? Se battre continuellement pour maigrir vous semble t'il en valoir la chandelle ? Seriez-vous mieux dans votre corps si les bourrelets étaient moins diabolisés ? Dîtes moi tout ... 


vendredi 8 janvier 2016

Un jour ... j'ai décidé de me fixer des challenges !


@foundnlast ✈️:
Pinterest Photographie 



Pour l'année 2016, j'ai décidé de me challenger un peu. Pas de grosses choses, je suis intolérante à la pression et malade du perfectionnisme, deux choses antinomiques s'il en est, mais des petits défis, histoire de pimenter le quotidien, de casser la routine.

Pour le moment, j'en ai choisis deux. Dans deux domaines qui m'intéressent, à savoir la cuisine et la littérature.

Il s'agit du Challenge lecture 2016 proposé par Laura et du Winter Cookbook Challenge de Sunalee. 

Le premier figure sur ma bucket list. J'aime ce genre de choses, cela m'attire particulièrement, car je sais que je ne serais pas en échec ( à contrario des challenges sportifs hum hum..) et que le seul moteur sera ma curiosité. Je l'ai également choisi pour la variété des thèmes, qui restent tout de même vaste et le fait que le choix des ouvrages soit libre. Je commencerais donc ce petit challenge avec la catégorie " un livre de la rentrée littéraire de janvier". Dès que je serais plus en forme, je fouinerais dans les rayons pour trouver le candidat idéal. J'ai hâte.

J’enchaînerais ensuite avec "le dernier livre de votre auteur préféré" puisque le nouveau livre de Nora Roberts sort en février et ainsi de suite jusqu'à la fin de l'année. Certaines catégories risquent de me donner du fil à retordre comme celles concernant les classiques ( je suis vraiment pas fanna de ce genre littéraire) mais c'est ça qui est aussi intéressant avec ce genre de challenge. Je vous ferrais peut-être un compte rendu trimestriel de mes lectures, ou alors, je ferrais un billet à la fin de l'année, avec le récapitulatif des catégories, des ouvrages que j'y ai relié et de mes impressions ... Affaire à suivre !

Le second, je l'ai découvert grâce à Armalite ( qui m'a fait bien envie avec sa brioche perdue aux framboises). et j'ai eu envie de tenter le coup. Depuis que je suis malade, on tourne très souvent sur des basiques ( comme les sandwichs, les salades composées, les pâtes) et de la cuisine d'"assemblage" mais je ne cuisine plus vraiment. Pas la force, pas l'envie.

De fait, je suis tombée dans une sorte de monotonie alimentaire qui prend des tournures totalement régressive qui plus est, et ça ne me convient pas. Surtout que je m'étais fixée pour objectif sur l'année 2015 de faire au moins un repas sur deux sans protéine animale. On va dire que ça n'a pas été une très grande réussite étant donné que je n'ai aucune notion en cuisine végétarienne et que les légumes ne sont pas mes meilleurs amis (et que je n'aime pas du tout les légumineuses) ...

Pourtant, j'ai des tonnes de livre de cuisine, c'est ce que j'achète le plus régulièrement en dehors de mes comédies romantiques, mais ils font plus souvent de la figuration dans ma bibliothèque que sensation en cuisine ( à part quand j'ai des invités ...). Je ne pense pas partager mes recettes et tout le tsoin-tsoin (j'ai pas encore décidé, en fait) ( ou alors peut-être une récap par mois..) mais je vais essayer de me tenir à l'idée de faire au minimum une nouvelle recette par semaine. J'ai un peu feuilleté mes ouvrages et j'en ai déjà repéré quelques unes à mettre dans mes fourneaux. On commence avec des fajitas au poulet ! ( Ne vous moquez pas, j'en ai jamais fais...). Si jamais j’accroche, je pourrais très bien transformer ça en Summer Cookbook Challenge, haha.

Voilà donc mes deux petits défis perso pour débuter l'année. Je ne sais pas trop à quel moment je me suis enfin autorisée à me lancer dans de telles choses, pourtant des challenges, j'en ai vu passer sur la bloggo depuis le temps. Ce ne sont pas de grosses folies et c'est bien moins courageux qu'un treck dans le Montana, mais j'ai l'impression que ce sont ces petits "trucs" qui vont m'aider à raccrocher le wagon, il faut dire que ça fait un an que je ne permets plus grand chose ... mais ne sommes nous pas les acteurs de notre propre vie ? Il ne reste plus qu'à tenir sur la distance ...

Si vous souhaitez participer à ces deux challenges, de manière formelle ou informelle, je serais ravie d'en discuter avec vous, via le blog, par mail ...

Et vous ? Aimez-vous vous challenger ? A quel défi de la bloggo souhaiteriez vous participer cette année ? Et ceux que vous avez déjà fait ? Quels types de challenge vous inspirent le plus ? Vos thèmes favoris dans ce domaine ? Quels bénéfices cela vous a t'il apporté ? Cela vous a t'il donné envie de continuer ou au contraire de laisser tomber ? Dîtes moi tout !








lundi 4 janvier 2016

Un jour ... j'ai mis du bonheur en conserve.




Je ne suis pas une fille à résolutions. Je ne les tiens jamais. Ou alors pas plus d'une semaine.  J'ai essayé pourtant. Je ne sais pas si c'est le manque de temps, d'organisation ou de volonté qui joue le plus en ma défaveur. Du coup, depuis trois ans, j'ai laissé tombé l'idée. Par contre, on a mit en place un autre rituel avec mon homme. Des bucket list de douze choses à réaliser dans l'année. Et ça, on arrive plus ou moins à s'y tenir. Sur la mienne, il y a ce projet qui me tenait particulièrement à coeur. Un petit truc, pas grand chose, mais dont je me réjouis déjà du résultat à l'arrivée.

Cette année, je vais installer une hapiness jar sur mon buffet !

Pour ceux qui vivent sur la lune, il s'agit tout simplement d'un bocal où l'on glisse de petits papiers avec tous les petits bonheurs qui nous arrivent au quotidien. Peu importe qu’ils soient grands ou petits : cela peut être le fait d’avoir eu une promotion (celle que mon homme compte bien demander) , d’avoir passé une super soirée en famille à jouer à des jeux de société ou tout simplement ce merveilleux gâteau au chocolat aux courgettes savouré devant une série TV. On dit souvent que ce sont les petits plaisirs du quotidien qui nous rendent la vie plus belle alors il est tant de s'en faire une jolie réserve !

Depuis deux ans, mais encore plus cette année,je regrette que le temps passe, que les jours se suivent dans une longue monotonie et que ma vie s'écoule bien trop tranquillement, avec l'impression désagréable de n'avoir rien fait de mes précieuses minutes passé parmi les vivants. Actuellement ma tête, c'est plutôt un bocal à "rien n’avance, je n’y arrive pas, si c’est ça la vie, il ne m’arrive jamais rien de bien", vous voyez le tableau. Avec cette jar sous mon regard, j'espère bien me rendre compte que finalement ma vie n'est pas si morne et que les expériences et les jolis moments de vie font tout autant parti de mon quotidien que les moments d'ennui, de tristesse et de remise en question. A la fin de l'année, je pourrais alors les sortir, les relire, voir les consigner, me dire que l'année n'a pas été si vide de sens que ça, et surtout évoquer tout ces jolis souvenirs pour n'en garder que le meilleur.

Bonheur 100% pur jus home made !

Si j'ai choisis de noter ce projet sur ma liste, c'est parce qu'il n'est pas très contraignant et je ne doute pas des effets très positifs qu'il aura sur mon moral. En effet, ce n'est pas bien compliqué d'écrire quelques mots sur un petit papier et de les glisser dans leur pot. J'ai vu que certaines y glissent aussi des tickets de cinéma, des polaroïdes, des citations qui font du bien et toutes ces petites choses que l'on gribouille pour sourire. C'est votre réserve de moments heureux, vous pouvez même y glisser le sous verre de votre pub préféré si le coeur vous en dit ! Une autre bonne raison qui m'a poussé à me lancer ce défi, c'est sa gratuité. Un pot à confiture, un vieux bocal à fruits que l'on customise à son goût et hop ! Un shoot de bonheur ! Bien moins ruineux  que le psy et à mon avis, pas mal efficace aussi ! Enfin, il parait que le bonheur, ça devient vite addictif, alors j'espère bien que mener ce projet me donnera l'envie de devenir boulimique de petits moments heureux et de voir la vie en rose !

Et vous connaissez-vous les hapiness jar ? En avez-vous une ? Trouvez-vous que c'est un bon moyen de cultiver la joie ou trouvez vous cela complètement gadget ? Listez vous vos petits bonheurs quotidiens ? Cela vous a t'il aidé à voir la vie autrement ? Dîtes moi tout !



vendredi 1 janvier 2016

Un jour ... j'ai couru après une chimère.


les-images-surrealistes-monde-de-reve-omerika-3


Je sais que je vous parle beaucoup de ma maladie en ce moment, mais je suis dans une phase de gros raz-le bol et les événements récents me pousse à écrire ici, à vider mon sac ( je vous assures que mes proches ont déjà épongé leur lot de larmes depuis), histoire de faire le point et de prendre un peu recul.

Ce qui est à l'origine de ce billet ?

Un gros clash avec mon médecin traitant. Je suis en phase douloureuse depuis presque un mois maintenant ( avec de vagues améliorations de temps en temps), j'ai passé des fêtes épuisantes et je dois retourner travailler lundi. Je suis donc allé le voir pour qu'il me donne un "truc" (à savoir un médoc, une potion ou un sortilège vaudou) pour que les douleurs cessent et que je puisse retrouver le chemin du bureau.

Peine perdue.

Je me suis entendue dire que je cours après une chimère. A savoir une guérison ( ou même une amélioration de mon état). Ma guérison est une chimère.Qu'il a épuisé toutes ses cartouches et que la médecine ne peut plus rien pour moi.Que cela tient plus du domaine du rêve si je pense qu'on peut perpétuellement chercher un remède. Qu'il ne peut plus être complice de cela ( ce qui ne l'empêche pas de me mettre en arrêt alors que je ne demande rien) . Que ma maladie est d'origine psychologique et que c'est une "maladie fourre tout" où l'on classe tous les troubles douloureux qu'on ne sait pas expliquer. Bref, que je ferrais mieux de sortir m'aérer la tête que de gober des pilules et que mon mal de dos cessera de lui même ( j'ai essayé hier, ça ne marche pas, c'est con, hein..).

S'il m'avait dit que j'étais une malade imaginaire accro à la pharmacopée, je pense que je n'aurais pas réagis plus mal.

Parce que la fibromyalgie n'est PAS une maladie psychosomatique.

Bien sûr, elle présente une composante psychique indéniable. Les études montrent que pour un tiers des patients atteint de cette maladie, l'équilibre psychologique est perturbé (je fais parti de ce tiers, malheureusement). On retrouve chez ses patients une fatigue psychique intense, avec une sensation de vide omniprésente ( " je ne suis bon à rien " ) , une irritabilité générale ( aux aléas extérieurs comme le stress, la météo, le bruit, les odeurs .. personnellement je suis très mal dans la foule et je ne supporte pas le bruit, la météo me mine le moral dès qu'elle tourne à la pluie ..) et de l'impatience.

On peut également noter des troubles anxieux importants avec une appréhension de l'avenir et des répercussions que la maladie peut avoir au quotidien ( comme dans le cas de la maternité ou du travail, dans mon cas). La dépression est également le lot de nombreux fibromyalgiques mais ni plus, ni moins que dans d'autres cas de maladies douloureuses chroniques.

Le médecin du centre de gestion de la douleur, qui a posé mon diagnostic, m'a dit qu'on parle de trouble somatoforme ( donc trouble sans cause physique déterminée ) parce que les crises sont souvent déclenchées par des événements ayant un impact psychologique important  comme un burn-out, le harcèlement (moral, physique, sexuel), une perte des valeurs, une démotivation, un trouble de l'adaptation, un divorce, un décès, la maladie d'un proche ..

Certains déclenchent un cancer, un psoriasis ou une autre pathologie, manque de bol pour moi, je déclenche une maladie à polémique  et qui provoque,le plus souvent, le scepticisme de la part des médecins et de l'entourage (du fait qu'elle ne touche aucun organe en particulier et  qu'il y a peu d'éléments cliniques pour expliquer les symptômes, les examens cliniques se révélant normaux.) ( karma, foutu karma).

J'ai beaucoup de mal à m'entendre dire que cette maladie puisse être "uniquement " une psycho-pathologie ( ce n'est pas fondé médicalement ( certains patient ne présentant aucune perturbation psychologique ou présentant un symptôme douloureux sans cause psychique)) J'ai également de plus en plus de mal à comprendre que le corps médical continue de dissocier le psychisme du corps, la fibromyalgie étant sans doute la preuve la plus évidente que tout ceci est profondément lié. Ce n'est pas parce qu'une maladie à une composante psychologique qu'elle n'est pas réelle ! Toutes les maladies ont une empreinte émotionnelle mais étrangement personne ne vous envoie balader quand vous faites un ulcère à cause du stress ...

Par ailleurs, de nombreuses études commencent à mettre en lumière les réalités physiologiques de la maladie (et là, je dis un gros merde à tous les " c'est dans votre tête, allez voir un psy !" et si j'étais vulgaire, ce que je ne suis pas, je leur ferrais même un fuck ). En effet, les dernières recherches sur les mécanismes de la fibromyalgie indiquent que cette pathologie est dû à un dysfonctionnement du système nerveux autonome et d'un dysfonctionnement des zones cérébrales gérant la douleur ( sensibilisation extrême et des mécanismes d'amplification périphérique) .C'est en 2006 que l’IRM fonctionnelle du cerveau a permit d’étudier l’activité cérébrale dans les régions impliquées dans la douleur. Par rapport à des sujets témoins sains, il existe chez les patients atteints de fibromyalgie une anomalie dans l’interprétation que fait le cerveau du message douloureux, comme si ce dernier l’amplifiait de façon exagérée. Dix ans plus tard, j'entends encore mon médecin généraliste me dire que ma maladie n'existe que dans mon imagination, qu'elle n'a pas de corps dans la réalité.

Je trouve cela aberrant et il serait tant que  le corps médical se mette à la page, car la reconnaissance de cet état et les solutions proposées pour faciliter la vie des patients sont fortement insuffisantes. Nous sommes,globalement, livré à nous même pour trouver des solutions qui améliorent notre confort de vie. Nous avons également la tâche, pénible, d'expliquer notre maladie à notre entourage ( pas toujours conciliant ou empathique ). En effet, comme dans toute maladie chronique, il est préférable que l'entourage s'implique dans la compréhension et la prise en charge de la maladie. Cependant les choses ne sont généralement pas aussi simple et je trouve que, parfois, l'attitude de certains n'aide absolument pas à la résolution des problèmes, au contraire.

Je m'excuse pour la longueur de ce pavé mais j'avais vraiment besoin de mettre les points sur les I, histoire de ne pas me laissé miner par la rancœur dû à cette consultation désastreuse. Pour celles qui se le demanderaient, ma consultation Mdph s'est bien déroulée. J'attends la suite des événements avec réserve. Le passage devant la commission ne sera pas de la tarte, quoi qu'on en dise. Surtout si je tombe à nouveau sur des personnes me tenant ce genre de discours fibro-sceptique ...

Et vous ? Avez vous déjà été confronté à l'incompréhension des médecins ? Comment l'avez vous vécu ? Comment vous en êtes vous sortis ? Avez vous obtenu gain de cause ? Que pensez vous des maladies dites psycho-somatiques ? Des maladies incomprises par le corps médical ? De leur prise en charge ? Dîtes moi tout !